Mobilisation des femmes pour l’égalité salariale

Le 7 novembre, les femmes étaient appelées à se mobiliser pour l’égalité salariale (voir notre article ici).

Retour en vidéo sur cette mobilisation, qui a rassemblé une cinquantaine de personnes à 16 h 34 pour au total une centaine d’affiches sur « l’allée revendicative » tout au long de l’après-midi.

Merci et bravo aux femmes, de tous âges, qui se sont mobilisées, chacune à leur façon !

 

Texte du discours :

Si un homme gagne 100 dans le monde, une femme ne touche que 59 – peu importe la monnaie.

Ces chiffres, issus du rapport publié par le Forum économique mondial en octobre dernier, sont accablants. Mais il faut les appuyer, il faut encore et encore en ajouter d’autres pour ne pas que certaines idées perdurent.

La première fausse idée serait de croire que cette situation concerne uniquement d’autres pays du monde.

Dans ce même rapport, la France est placée au 67e rang en ce qui concerne l’égalité professionnelle femmes-hommes.

67e rang.

Nous nous mobilisons symboliquement le 7 novembre car c’est à partir d’aujourd’hui que les femmes françaises travaillent « bénévolement ». Considérant la différence de salaire entre les femmes et les hommes, et rapportée à l’année complète, si ces derniers sont payés jusqu’au 31 décembre, les femmes françaises travaillent bénévolement à partir d’aujourd’hui, à 16 h 34.

Au niveau européen, 6 pays voient, selon le même calcul, les travailleuses être payées jusqu’en décembre.

15 pays, dont la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, la Suisse jusqu’en novembre seulement. Vous constaterez que ce ne sont pas les pays européens les plus pauvres… ni les moins avares en matière de leçons à donner…

Ce pitoyable 67e rang mondial de la France en termes d’égalité professionnelle femmes-hommes ne concerne pas uniquement l’égalité du salaire. Les différentes et discriminations sexistes touchent des champs bien plus larges :

– les femmes sont les premières touchées par le temps partiel et par les contrats précaires.

– une étude du ministère du Travail de janvier 2016 montre également que les femmes gagnent entre 1,6 et 26,9 % de moins que les hommes selon les régions françaises. Plus les régions sont touchées par des difficultés économiques, atteintes par le chômage, plus les écarts de salaires hommes-femmes sont importants.

C’est donc une multiplication des peines pour les femmes : moins payées, avec des contrats plus précaires, un temps de travail réduit, et une exposition accrue au chômage.

– il ne faut pas oublier également, en milieu professionnel, le plafond de verre, qui freine les femmes, à même niveau de diplômes, de compétences, d’expérience, d’accéder à des échelons supérieurs de responsabilité dans une entreprise.

 

Ces inégalités dans la vie active ne sont pas sans conséquence pour la retraite. À l’heure d’un repos mérité, les pensions de retraite des femmes sont inférieures de 38 % à celles des hommes.

 

Il n’y a, finalement, qu’un domaine où les statistiques placent les femmes en tête : les tâches domestiques.

Selon l’INSEE, les femmes consacrent en moyenne 3 h 26 par jour aux tâches domestiques contre 2 h pour les hommes. Dans la sous-section de cette étude, l’on peut découvrir que les femmes passent deux fois plus de temps que les hommes à faire le ménage et s’occuper des enfants à la maison.

Cette inégalité de partage des tâches est un autre frein pour une égalité dans la vie professionnelle. Nous avons tous des prises de conscience à avoir et des efforts à faire.

Mais les choses progressent, me direz-vous…

L’étude de l’INSEE a en effet constaté une augmentation du temps consacré par les hommes aux tâches domestiques. En 11 ans, le temps consacré par les hommes aux tâches domestiques a augmenté… de 1 minute.

 

En 2016, seulement 4 pays dans le monde appliquent la parité entre parlementaires, hauts cadres et directeurs.trices d’entreprises.

Alors même le taux des femmes diplômées d’une université est égal ou supérieur à celui des hommes dans près de 100 pays !

Les femmes ont les connaissances, la formation, les compétences et la volonté pour exercer des emplois au même titre que les hommes, avec le même salaire que les hommes et les mêmes possibilités d’évolution que les hommes.

Au rythme d’évolution actuel, l’égalité salariale sera atteinte en 2186.

 

Nous refusons d’attendre 170 ans pour un droit légitime. Nous refusons d’attendre 170 ans pour que la législation française en matière d’égalité femmes-hommes dans les entreprises soit respectée et que les entreprises qui ne la respectent pas soient non seulement sanctionnées mais désignées publiquement.

« Aucun tyran n’a jamais renoncé à sa tyrannie à moins d’y être obligé. » disait Voltairine de Cleyre en 1891 déjà, à propos des inégalités hommes-femmes.

Le patriarcat ne cessera de nous opprimer que si nous nous rebellons contre lui.

Nous, femmes travailleuses, chômeuses, précaires, retraitées, étudiantes, femmes au foyer, exigeons l’égalité salariale et l’égalité de traitement femmes-hommes dans tous les domaines de la vie professionnelle et de la vie privée.

 

La commission féministe